Contexte

Promouvoir la participation effective des femmes à la prévention et médiation des conflits, ainsi que répondre à leurs besoins spécifiques en matière d’efforts de paix constituent une haute priorité pour l’ONU et ses États Membres depuis l’adoption de la Résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.

Cependant, malgré de nombreux engagements et initiatives aux niveaux mondial et régional, le nombre de femmes et d’experts des questions de genre participant aux processus officiels de construction de la paix reste assez faible ; peu d’accords de paix incluent des dispositions relatives au genre ou protègent les droits fondamentaux des femmes ; la valeur ajoutée de la contribution des femmes à une paix durable n’est pas prise en compte ou est sous-estimée.

Objectif

Le Réseau des Femmes Médiatrices de la Méditerranée vise à répondre à la nécessité d’accroître le nombre de femmes participant aux efforts de rétablissement de la paix et à faciliter la nomination de femmes médiatrices de haut niveau à l’échelle locale et internationale. À cet égard, le Réseau apparaît come un catalyseur des efforts de médiation dans le cadre des crises actuelles et potentielle ainsi qu’au sein des processus de stabilisation post-conflit. La création du RFMM avait précisément pour objectif de réduire le manque de capacité de mise en réseau dans la région méditerranéenne, où les femmes médiatrices peuvent apporter des connaissances stratégiques et contribuer ainsi à la résolution des conflits et à une paix durable.

Portée géographique

Dans sa phase initiale, le Réseau des Femmes Médiatrices de la Méditerranée était composé d’environ 40 membres qualifiés des pays méditerranéens. Au cours des années, le nombre des membres s’est accru et le Réseau lance périodiquement des appels à candidatures pour de nouveaux membres.

La portée géographique du réseau englobe les pays de la région méditerranéenne, y compris certains n’ayant point de débouché direct sur la mer, mais qui appartiennent néanmoins à l’histoire et à la culture méditerranéenne. [1]

[1] TPour l’instant, l’adhésion au RFMM concerne les pays suivants: Albanie, Algérie, Andorre, Bosnie-Herzégovine, Chypre, Croatie, Egypte, France, Jourdanie, Grèce, Israel, Italie, Kosovo, Liban, Libye, Malte, Maroc, Monaco, Montenègre, Palestine, Portugal, San Marin, Slovénie, Espagne, Tunisie, Turquie.

 

Histoire

2017

Le RFMM a été lancé en 2017, la phase préparatoire ayant débuté en janvier. Tout au long de l’année, l’Istituto Affari Internazionali et le Réseau Femmes en Sécurité internationale – WIIS Italie ont travaillé à la mise en place du réseau en menant des recherches sur les réalités existantes, en recueillant les expériences des réseaux précédemment établis, tels que les Médiatrices des pays nordiques et FemWise, ainsi que sur les actes accomplis par les organisations internationales dans le domaine de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies et de ses annexes, ainsi que sur la médiation inclusive et sexospécifique.

En mars 2017, l’initiative à venir du Réseau des femmes médiatrices de la Méditerranée a été présentée au Conseil de sécurité, lors d’une réunion en formule Arria organisée par le Royaume-Uni. En conséquence, des candidatescompétentes de 25 pays méditerranéens ont été recensées et plus de 40 membres fondateurs ont été sélectionnés.

Son activité a culminé avec le lancement officiel du Réseau des Femmes Médiatrices de la Méditerranée les 25 et 26 octobre, à l’occasion d’un évènement public organisé par le Ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, avec la participation du Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, des membres fondateurs du réseau nouvellement créé, de représentants d’organisations internationales et régionales, ainsi que de représentants d’autres réseaux régionaux de femmes médiatrices et d’experts internationaux dans le domaine de la médiation et de la consolidation de la paix.

2018

L’année 2018 a jeté les bases des nombreuses activités qui se sont déroulées en 2019. Le Secrétariat a travaillé à l’approfondissement des relations avec les membres individuels afin de cerner leurs besoins et intérêts et de planifier les activités du réseau en conséquence. En outre, il s’est employé à renforcer les relations et à développer les synergiesavec d’autres réseaux régionaux de femmes médiatrices, à savoir le Réseau nordique des femmes médiatrices, FemWise-Africa et le réseau des femmes médiatrices du Commonwealth, fondé en avril 2018.

Parmi les diverses activités, en mars 2018, des représentants des réseaux régionaux de femmes médiatrices, des experts d’organisations internationales et régionales, des délégués Pays et des représentants de la société civile et du monde universitaire se sont réunis à Oslo dans le but d’explorer les possibilités de coopération, de rechercher des synergies et discuter de la création éventuelle d’une alliance des réseaux régionaux de femmes médiatrices. Cette rencontre a été suivie d’un évènement en octobre à New York, lors du débat ouvert du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la paix et la sécurité des femmes, où des expériences en matière de processus de médiation, de prévention des conflits et de promotion de la participation des femmes ont été partagées.

En outre, les graines pour établir la première antenne locale du RFMM ont été semées lors d’une réunion tenue à Chypre en juillet 2018, où 26 femmes bâtisseuses de paix de l’île se sont rencontrées. Au cours de l’atelier, organisé par le Lobby des femmes chypriotes avec le soutien du RFMM, des médiatrices du Commonwealth, de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté et de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre, des questions telles que la participation des femmes au processus de paix de même que leur rôle en tant qu’acteurs clés dans le développement des stratégies et des approches à l’échelle de l’île dans le but de garantir un processus et un accord de paix inclusifs et durables ont été discutées.

2019

En 2019, le RFMM s’est épanoui grâce à de nouvelles et multiples activités allant du renforcement des capacités aux campagnes de sensibilisation et de promotion, visant à favoriser les synergies tant au niveau international que local.

 

Un bulletin d’information a été lancé pour partager les activités du Réseau et attirer l’attention sur les initiatives et les publications du domaine plus large de la médiation et de l’agenda « Femmes, paix et sécurité ». Le RFMM a également ouvert des comptes de média sociaux – Twitter, Facebook et Instagram – en vue de partager son travail et ses activités avec le grand public et dans le cadre d’une campagne de sensibilisation plus vaste.

Dans le cadre de ses activités de renforcement des capacités, deux séances de « formation et de partage d’expériencex sur la médiation inclusive et de genre » ont été organisées à Rome, en anglais et en français.  Les formations visaient à développer les compétences en matière d’analyse des conflits en tenant compte de la dimension de

genre et à approfondir les compétences en matière de médiation et de négociation. En même temps, ce fut l’occasion pour les membres du réseau de renforcer leurs liens et de partager les expériences et les connaissances de leurs pays respectifs. Ces activités ont été associées à des webinaires où des experts et des bâtisseurs de paix ont partagé leur expérience sur la participation des femmes dans le domaine de la médiation et, plus généralement, dans les processus de paix.

Sur la base des travaux menés les années précédentes, et dans le but d’accroître l’engagement au niveau local, deux antennes ont été lancées: la première à Chypre et la seconde en Turquie. Les membres du réseau dans les pays respectifs ont depuis lors été actifs au niveau local en développant des initiatives et des activités adaptées aux besoins du pays.

Enfin, mais non moins important, les liens avec d’autres réseaux régionaux de femmes médiatrices ont conduit au lancement de l’Alliance mondiale des réseaux régionaux de femmes médiatrices lors de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre.

Le RFMM se penche constamment sur l’exploration des synergies et des possibilités de coopération avec des organisations internationales et régionales telles que l’ONU Femmes, l’OSCE et l’UE, ainsi qu’avec le monde universitaire (Université de Durham) et les organisations de la société civile (WIIS et ICAN).